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Agroécologie et santé des sols : deux conférences clés à Vertou pour les producteurs

La commune de Vertou (Loire-Atlantique) accueille deux conférences consacrées à l'agroécologie et à la microbiologie des sols, comme le rapporte Actu44, en prolongement de l'exposition Histoires…

Agroécologie et santé des sols : deux conférences clés à Vertou pour les producteurs

La commune de Vertou (Loire-Atlantique) accueille deux conférences consacrées à l'agroécologie et à la microbiologie des sols, comme le rapporte Actu44, en prolongement de l'exposition Histoires Agricoles ouverte du 2 septembre au 18 octobre 2026. Pour les producteurs d'aronia bio et tous ceux qui cherchent à stabiliser la fertilité de leurs vergers sans intrants chimiques, ces deux rendez-vous apportent des cadres techniques directement transposables aux petites baies.

Marc Dufumier: la diversité culturale comme levier

Le mardi 29 septembre, de 20 h à 22 h, le lieu Cour et Jardin (rue du 11 novembre) reçoit Marc Dufumier, professeur émérite à AgroParisTech. Sa conférence, intitulée « Agroécologie: pour une agriculture et alimentation durables », déclinera les grands défis alimentaires mondiaux à travers le prisme d'une agriculture paysanne écologiquement intensive, appuyée sur la diversité des cultures. Parmi les thèmes annoncés figurent la qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments, la diversification des matières premières et la préservation des ressources naturelles sans épuisement des sols.

Pour les producteurs d'aronia, le message central se résume ainsi: la robustesse d'un verger tient à la diversité des espèces associées et à la couverture permanente du sol, deux leviers que l'agronome défend depuis longtemps. Avant sa conférence, entre 17 h 30 et 18 h 30, Marc Dufumier se rendra à la ferme « Rêve de Chèvre » pour une visite de terrain. L'exploitation, propriété de la Ville de Vertou, est conduite en agriculture biologique depuis l'installation de Julien Marchais en 2023: 17 hectares, un troupeau d'une soixantaine de chèvres poitevines (race locale retenue pour son adaptation aux terres humides des bords de Sèvre), alimentation variée à base d'herbes, céréales et compléments naturels, transformation laitière intégrale à la ferme. Un cas concret de diversification viable en bio, à observer pour quiconque envisage d'élargir sa gamme au-delà de la baie.

Lydia et Claude Bourguignon: la fertilité des sols avant tout

Deuxième rendez-vous, le mardi 13 octobre, à la même heure et au même lieu. Lydia et Claude Bourguignon, couple de scientifiques ayant quitté l'INRA dans les années 1980 pour préserver leur indépendance, figurent parmi les premiers à avoir alerté sur la dégradation et la perte d'activité biologique des sols agricoles dès les années 1970-1980, conséquences alors documentées du labour profond et de l'usage massif d'engrais chimiques et de pesticides. Leur intervention reviendra sur le fonctionnement des sols et sur les leviers concrets pour en préserver la fertilité sur le long terme.

Pour l'aronia, arbuste rustique mais exigeant sur le pH et le drainage, l'enjeu microbiologique est central. Les diagnostics qu'ils ont contribué à populariser — biomasse microbienne, ratio champignons/bactéries, activité enzymatique — sont aujourd'hui accessibles via plusieurs laboratoires spécialisés en France et permettent d'ajuster les amendements plutôt que de compenser les carences a posteriori.

Trois priorités à intégrer dans son itinéraire technique

Les deux conférences s'inscrivent dans Agricultivons, la politique agricole et alimentaire de Vertou structurée autour de deux feuilles de route (agriculture durable et alimentation durable). Pour qui cultive ou projette de cultiver l'aronia en bio, trois priorités émergent: diversifier les associations au verger plutôt que maintenir une monoculture d'arbustes; faire réaliser un diagnostic microbiologique du sol avant plantation; privilégier les amendements organiques stabilisés. La fertilité se construit sur plusieurs années — ces chercheurs le documentent depuis quatre décennies, et leurs protocoles restent transposables à l'échelle d'une parcelle d'un à cinq hectares, dimension typique d'un verger d'aronia en circuit court.