Fête de l'agriculture paysanne 2026 : entre convivialité et crise du secteur dans l'Indre
La Fête de l'agriculture paysanne 2026 se tient ce samedi 12 septembre à Jeu-les-Bois, dans l'Indre. Portée par la Confédération paysanne de l'Indre, elle mêle lancer de bouses, débat sur la biosécurité et visite de ferme.

Le rendez-vous arrive à quelques jours des Journées du patrimoine, alors que plusieurs agriculteurs, dont des maraîchers, annoncent vouloir cesser leur activité dans un contexte économique tendu.
Trois rendez-vous pour parler ferme
Lancer de bouses, débat biosécurité, visite de ferme: le programme tient en trois temps forts complémentaires. Le premier, convivial et spectaculaire, mobilise producteurs et habitants du territoire. Le deuxième met sur la table les protocoles sanitaires, la traçabilité et la gestion des risques, sujet devenu central après plusieurs crises sanitaires animales. Le troisième, plus pédagogique, ouvre les portes d'une exploitation locale pour en découvrir concrètement le fonctionnement, du parcellaire aux bâtiments. Pour la Confédération paysanne de l'Indre, l'objectif est de faire reconnaître la ferme comme « un autre patrimoine de la France », à la veille des Journées du patrimoine.
Les difficultés pointées par les organisateurs
Nicolas Calame, membre de la Confédération paysanne de l'Indre, résume la situation sans détour: « Plusieurs agriculteurs annoncent vouloir arrêter à cause des difficultés ». Le cas de Clément Nivet, maraîcher ayant récemment annoncé mettre fin à son activité, est cité en exemple concret. Le syndicat souligne également que le secteur reste non pris en compte dans les aides de l'État, ce qui fragilise particulièrement les petites exploitations et les cultures de diversification. Le rendez-vous est aussi l'occasion, pour les organisateurs, d'appeler au soutien de ces professionnels.
Le signal pour les cultures spécialisées comme l'aronia
Au-delà du cadre local, deux sujets du programme résonnent pour les producteurs de petits fruits et de cultures spécialisées. La biosécurité, au centre du débat, devient un sujet structurant pour l'ensemble des exploitations, vergers compris: la traçabilité des plants à la plantation, la gestion sanitaire du verger au long de la campagne, les protocoles de cueillette et de stockage rejoignent les préoccupations classiques partagées par les éleveurs. La question des aides publiques, soulevée par la Confédération paysanne, concerne aussi les cultures de diversification. Le fait que le maraîchage soit reconnu comme secteur non couvert dans les dispositifs de soutien interroge plus largement la place des productions spécialisées dans les politiques agricoles. Pour les producteurs d'aronia bio, souvent installés sur de petites surfaces en diversification, la veille sur ces deux dossiers reste un réflexe professionnel à conserver au quotidien.