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Verger agroforestier de Marcelin : cultiver l'aronia sans irrigation malgré la sécheresse

Selon La Télé, un verger agroforestier du domaine de Marcelin, à Morges, vient de traverser l'été 2026 sans faiblir — les chercheurs du site qualifient cette saison de « vraiment le plus extrême » de leur décennie de suivi.

Verger agroforestier de Marcelin : cultiver l'aronia sans irrigation malgré la sécheresse

Pour les producteurs d'aronia qui voient le stress hydrique gagner leurs parcelles, les leviers activés sur ce laboratoire à ciel ouvert méritent qu'on s'y arrête.

Dix ans sans goutte-à-goutte, trois apports d'eau en 2026

Le verger a été implanté en 2013 sans irrigation au goutte-à-goutte. Cet été, il n'a reçu que trois apports ponctuels d'eau — un minimum qui n'a pas empêché le feuillage de rester fonctionnel jusqu'en fin de saison. Comme le résume Théo Grossenbacher, chercheur qui suit l'évolution du dispositif: « J'ai quasi rien arrosé ici, on a eu un été terrible. Et les feuilles sont là et ça assimile encore à la fin de la saison, c'est fou ça. »

La clé tient au travail sur les porte-greffes: selon le chercheur, l'idée était de retenir des porte-greffes « avec un système racinaire qui est un peu plus résilient vis-à-vis de la sécheresse, qui va aller plus profondément dans le sol pour puiser l'eau ». Robin Sonnard, conseiller en arboriculture au FIBL (Institut de recherche de l'agriculture biologique), observe pour sa part que les arbres « ne se sont pas retrouvés bloqués dans la croissance des fruits » et que le feuillage n'a pas été particulièrement affecté par rapport à d'autres vergers du canton.

Bilan économique et biodiversité fonctionnelle

Au-delà de la résistance à la chaleur, les premiers chiffres donnent le ton. Claire Berbain, porte-parole du FIBL, souligne que la rentabilité de la partie agroforestière a été atteinte au bout de quatre ans et que la biodiversité fonctionnelle y est « vraiment excellente », avec deux fois plus d'insectes recensés qu'en verger traditionnel. Si 2027 reproduit le scénario, ce verger de Morges aura livré une référence solide — utile bien au-delà du canton de Vaud.

Ce que les producteurs d'aronia peuvent transposer

Trois leviers se dégagent pour la culture de l'aronia, où le comportement en stress hydrique reste peu documenté côté français. Premier levier: le choix du porte-greffe, à raisonner selon la profondeur d'enracinement et la capacité d'exploration du sol — un axe d'essais comparatifs à ouvrir. Deuxième levier: la préparation du sol, avec un travail profond avant plantation pour laisser aux racines un accès réel aux horizons humides, plutôt qu'une installation sur sol tassé et superficiel. Troisième levier: la logique agroforestière, qui combine diversité végétale, ombrage modéré et habitat pour les auxiliaires — une orientation cohérente avec la dominante bio de la production française d'aronia.

Pour reproduire ce type de protocole, le FIBL — qui suit déjà ce verger par l'intermédiaire d'un de ses chercheurs — est l'interlocuteur naturel à solliciter pour cadrer un essai comparatif sur porte-greffes en petite fruit.