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Vergers de Devecey : 90 % de récolte perdue face aux canicules extrêmes

Selon vosgesmatin.fr, l'arboriculteur bio Pierre Chupin vient de perdre plus de 90 % de sa récolte 2026 aux Vergers de Devecey, dans le Doubs, après les vagues de chaleur qui ont frappé la France cet été.

Vergers de Devecey : 90 % de récolte perdue face aux canicules extrêmes

Sur ses 4 hectares — huit variétés de pomme et petits fruits rouges — la production, qui atteignait 20 tonnes en année normale selon le quotidien, s'est effondrée alors même que la saison s'annonçait prometteuse. Pour les producteurs d'aronia bio et de petits fruits, ce sinistre n'est pas un fait divers: il rappelle la vulnérabilité de nos itinéraires techniques face aux étés que la filière va devoir apprendre à encaisser.

Devecey: le scénario qui résume l'été

Pierre Chupin, installé dans l'arboriculture depuis 2012 après une reconversion depuis la pharmacie, conduit son exploitation en 100 % bio. C'est précisément cette contrainte qui rend le dossier intéressant: sans intrants de synthèse pour tamponner le stress hydrique et thermique, l'arboriculteur ne dispose que de leviers agronomiques — irrigation, ombrage, choix variétaux — et ces leviers atteignent leurs limites quand les canicules s'enchaînent.

La perte de 90 % ne s'est pas jouée au printemps: la récolte était engagée, les fruits étaient noués. C'est en phase de grossissement que le stress thermique et le manque d'eau ont fait avorter ou stopper les baies. Pour les vergers d'aronia conduits sur le même modèle — pleine lumière, sol drainant, peu d'irrigation de complément — la leçon est directe: le danger ne se voit pas toujours à la floraison, il se révèle deux à six semaines plus tard, quand le fruit ne grossit plus.

Ce que le ministère a officialisé

Le ministère de l'Agriculture a officialisé, quelques jours après la publication de vosgesmatin.fr, un ensemble de mesures d'accompagnement financier et technique destinées aux exploitants agricoles et arboricoles confrontés aux baisses de rendements provoquées par les fortes vagues de canicule de l'été 2026. Pour les producteurs de petits fruits bio, l'enjeu est de savoir si leur perte relève du dispositif calamités, d'une aide conjoncturelle ou d'un mécanisme d'assurance récolte — les trois ne couvrent pas les mêmes situations, et l'éligibilité suppose presque toujours une déclaration préalable de sinistre et un historique parcellaire à jour.

Trois postes à reprendre dans son verger

Sur le terrain, le dossier Devecey oblige à passer trois postes au crible avant la prochaine saison.

L'irrigation d'abord. Un réseau capable de tenir quatre à six semaines de canicule sans rupture devient un investissement de base, pas une option. L'abaissement de fréquence au profit de doses plus profondes reste la règle pour pousser les racines hors de la zone chaude de surface.

La protection physique ensuite. Filets d'ombrage sur les rangs les plus exposés, paillage organique épais pour limiter l'évapotranspiration, conduite plus basse des arbustes d'aronia pour gagner quelques degrés: en bio, ces gestes font ce que la chimie ne fera plus.

La diversification variétale enfin. Étaler la fenêtre de récolte et intégrer des cultivars reconnus pour leur tolérance thermique permet de ne pas concentrer le risque sur une seule vague de maturité. Sur aronia, c'est un travail à engager dès l'hiver avec son pépiniériste.

L'autre enseignement, plus économique, concerne l'assurance. Un sinistre à 90 %, quand il n'est pas couvert, il peut à lui seul compromettre la viabilité d'une exploitation. Le calcul prime/coût du risque n'est plus un débat théorique: pour les producteurs d'aronia bio installés sur des surfaces similaires à Devecey, c'est devenu un arbitrage de saison.