Aides sécheresse : la FNAB réclame une meilleure inclusion des exploitations bio
À l'approche des premières indemnisations post-sécheresse, la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB) monte au créneau.

Selon FreshPlaza.fr, elle demande que les exploitations bio soient davantage associées à la définition des critères d'attribution du fonds de réarmement. Le sujet concerne directement les producteurs d'aronia bio: il est question de 17 % des fermes françaises, globalement moins bien assurées face aux aléas climatiques, et dont les rendements ont pris un coup cette saison.
Les bio « oubliés » des discussions départementales
Fin août, la FNAB et ses groupements territoriaux ont transmis aux préfectures leurs bilans d'impacts après une saison sèche marquée par des pertes de production significatives. Légumes, arboriculture et certaines productions céréalières figurent parmi les filières les plus touchées, avec, pour plusieurs exploitations, des récoltes intégralement compromises.
Le hic: dans de nombreux départements, les représentants du bio n'ont pas été conviés aux discussions sur l'attribution des aides du plan CASI. Olivier Chaloche, coprésident de la FNAB, résume la situation sans détour: « On a transmis aux préfectures nos bilans d'impacts fin août, mais on a "oublié" de nous inviter aux discussions dans de nombreux départements, c'est fâcheux quand-même d'oublier 17 % des fermes françaises ». La fédération réclame donc une réintégration systématique des producteurs bio dans les discussions départementales sur le plan CASI.
Maraîchage diversifié et arboriculture: les priorités revendiquées
La FNAB cible plus particulièrement le maraîchage diversifié, qui représenterait 22 % des fermes bio selon ses propres chiffres, une large majorité d'entre elles étant orientées vers cette pratique. Elle demande un accès prioritaire au fonds de réarmement pour ces exploitations, ainsi que le maintien de la prise en charge, via l'ISN, des surfaces couvertes par une assurance multirisques climatiques — un levier indispensable pour préserver les enveloppes du fonds.
Pour Olivier Chaloche, l'enjeu dépasse la seule compensation financière: « Pour manger 20 % de fruits et légumes bio par jour, il faut des fermes bio qui les produisent, or la sécheresse a été très dure physiquement, moralement et financièrement pour tous mais surtout pour les maraîchers ». L'arboriculture bio, à laquelle se rattache la production d'aronia, est citée parmi les filières durement affectées par la saison, au même titre que le maraîchage.
Ce que les producteurs d'aronia doivent surveiller concrètement
Sur le terrain, la question de l'assurance multirisques revient systématiquement dans les discussions de coopérative. La commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale avait relevé en janvier 2026 les difficultés d'accès à l'assurance pour certaines filières, maraîchage en tête, particulièrement chez les petites exploitations — un constat que la FNAB reprend à son compte pour justifier la priorité demandée.
Pour les producteurs d'aronia bio, trois points méritent une attention immédiate. D'abord, vérifier que votre structure est représentée dans les discussions CASI de votre département — un simple coup de fil à votre groupement bio régional suffit souvent. Ensuite, documenter avec précision vos pertes: rendement par parcelle, calibre des baies, stress hydrique observé, incidence sur le pH et la qualité à la transformation. Ces données serviront de pièces justificatives dans les bilans transmis aux préfectures. Enfin, anticiper la question de l'assurance multirisques, qui pourrait conditionner l'éligibilité au fonds. Les premières indemnisations arrivent: le calendrier de versement et les critères finaux d'éligibilité seront les vrais indicateurs à suivre dans les prochaines semaines.